L’enfant intérieur

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La santé psychique de l’adulte que nous sommes dépend de la santé psychique de l’enfant que nous avons été. Seul un enfant qui a vu ses besoins fondamentaux nourris, peut devenir adulte, s’épanouir.

Si enfant nous n’avons pas été écoutés, entendus, aimés, nous gardons en nous ces blessures et notre enfant intérieur continue de demander de l’amour, de l’attention, de la bienveillance, de la permission à être. Les émotions non exprimées continuent de nous hanter et nous maintiennent dans des positions infantiles, des états de souffrances, et de mal-être.

Beaucoup d’adultes essayent vainement de faire taire leur monde intérieur, via des addictions de toutes sortes (substances, sport, travail, personnes). Ces fuites en avant ne sont que des tentatives pour combler des manques et des vides intérieurs. Cependant, plus on comble le vide, plus il s’agrandit et ces fuites ne font qu’accentuer le mal-être, finissant par nous éloigner de nous même.

C’est en soi que se situent les fondations de notre être. Les solutions ne peuvent donc que se trouver à l’intérieur de soi, pas dans l’amour d’un autre, ni dans la rencontre parfaite ou un travail idéal.

Il est donc important de réhabiliter notre enfant intérieur, de partir à sa découverte, puisqu’il est toujours présent en soi. Faire la paix avec lui afin qu’il devienne notre allié et qu’il nous permette de vivre notre vie d’adulte, en toute sérénité. Se réapproprier son histoire, ses émotions si longtemps tues, accorder une place, un droit à la parole à cet enfant intérieur blessé. Écouter ce qu’il a à dire, entendre ce qui lui fait défaut.
Prendre le temps de s’arrêter vraiment sur soi-même, accepter de se faire face, d’exprimer les peurs, les injustices, les colères que son enfant intérieur a gardé si longtemps. Devenir pour soi-même un bon parent, celui que nous aurions souhaité avoir.

Bien qu’il soit défavorable de demeurer dans un statut de victime, il est primordial dans un premier temps de se l’accorder, de se reconnaître comme telle. Toute souffrance reconnue, assumée se métamorphose, se digère. Accepter de remettre les responsabilités à chacun. Si nous avons été maltraités, si nous avons appris à être des enfants objets, si nous n’avons pas reçu l’amour, la sécurité qui nous était nécessaire ce n’est pas parce que nous ne valions pas mieux, mais simplement parce que notre entourage n’en disposait pas lui-même.

La souffrance véritablement reconnue, acceptée, assimilée apporte un sentiment de soulagement, un relâchement de la tension interne, du combat que l’on se livrait à soi-même en taisant ses émotions.
Par ce travail sur soi, une alliance entre le Moi enfant et le Moi adulte se réalise, l’enfant intérieur peut demeurer en paix, permettant ainsi à l’adulte de grandir et de vivre sa vie.